X House

X House

Parfois, le temps fait de drôles d’ouvrages. Le vieux bâti des villes, à force de transformations, accouche d’intérieurs non conformes au modèle idéal. Vous avez dit « bizarre », cette succession de volumes décalés ne donnant que sur cour ? Certes, mais le lieu a des qualités, ce fameux potentiel qu’il reste à révéler.

Pour ce faire, plutôt que de simplement tolérer la longueur de l’espace, ne pas hésiter à en prendre plus radicalement le parti. Placées longitudinalement, deux cloisons de bois soulignent élégamment la morphologie allongée de l’appartement. La première sépare l’entrée du salon. Afin d’apporter au vestibule un peu de lumière naturelle, elle intègre porte vitrée et baies fixes. Ici, comme plus loin, le blanc immaculé des murs et le gris clair du sol mettent en valeur la texture et le travail du bois. La seconde cloison délimite la chambre et la salle d’eau, placées en second jour, du couloir qui les distribue – une sorte de galerie, avec poutres apparentes anciennes, dont la beauté calme dégage quelque chose de claustrale.

Au beau milieu de l’appartement, sous une verrière, la cuisine est une halte autant qu’un carrefour. Un monolithe noir est posé en son centre, volume simple et affirmé, à mi-chemin entre sculpture et architecture, inspiré du travail de l’artiste suisse Not Vital. L’îlot, qui fait partie de la zone de préparation, la circonscrit et organise une circulation giratoire : on ne s’y attable pas. Les repas sont pris sur une table de bistrot, sans jamais tourner le dos à la personne qui cuisine, assis sur une banquette d’angle – réinterprétation minimaliste du banc-coffre rustique. Invitante, l’encoignure l’est d’autant plus qu’elle s’ouvre sur trois fenêtres, à la silhouette archée inattendue – un détail qui énonce discrètement le souci de créer en ces murs une retraite hors du temps. 

Lieu : X
Date : 2016
Surface : 120 m²
Client : Privé
Architecte d’intérieur : François Doll architecture